Bernard Stiegler
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Bernard Stiegler, directeur du développement culturel du Centre Pompidou depuis janvier 2006, où il a créé l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI), est philosophe et docteur de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il a commencé ses études tardivement, au cours d’une incarcération qui faisait suite à une série de vols à main armée.
Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie à partir de 1984, professeur à l'UTC (Université de Compiègne) à partir de 1988 et directeur d’une unité de recherche qu’il y a fondée en 1993, Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques spécialisée en technologies cognitives, directeur général adjoint de l'Institut National de l'Audiovisuel à partir de 1996 et directeur de l’Ircam de 2001 à 2005.
Il a mis la question de la technique au cœur de la philosophie, soutenant qu’elle en fut le refoulé le plus intime et en quelque sorte l’opérateur secret dès Platon, en particulier avec la question de l’hypomnésis, c’est-à-dire de la mémoire artificielle, tandis qu’au XXe siècle, la philosophie l’exhume à nouveau, lentement mais explicitement, par exemple avec la déconstruction entendue aussi bien au sens de Derrida qu’au sens de Heidegger, ou à travers les travaux tardifs de Foucault.
Actuellement, Bernard Stiegler travaille à élaborer le concept d’une économie politique de l’esprit qui passe par une étude des spécificités des technologies cognitives et culturelles électroniques, ainsi que par une analyse critique du capitalisme à son stade hyperindustriel. Une telle économie politique s’inscrit dans le projet plus englobant d’une pharmacologie générale (avancé dans Prendre soin 1. De la jeunesse et des générations) elle-même fondée dans une organologie générale (dont les concepts de base sont développés dans De la misère symbolique 2).
Bernard Stiegler a également contribué à la conception de machines numériques dédiées aussi bien à la lecture assistée par ordinateur, avec la Bibliothèque Nationale de France, qu’à l’analyse des images d’archives, à l’INA, puis, avec l’IRCAM, à l’analyse musicale. En 1987, il présenta les enjeux de la numérisation dans une exposition au Centre Pompidou, Mémoires du futur. L’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il vient de créer au Centre Pompidou développe des logiciels de production d’appareils critiques pour les œuvres de l’esprit (cinéma, spectacle vivant, textes littéraires, arts plastiques) en vue de constituer des cercles d’amateurs et de reconstituer les conditions d’un jugement critique dans l’univers communément appelé web 2.0. Ces logiciels sont des «instruments spirituels» rassemblés sur une plateforme collaborative qui a vocation à devenir une revue en ligne, L’Amateur.
