Jacques Aumont

On n’y peut rien

Le cinéma n’est pas un dispositif interactif. Il peut mimer l’interactivité, mais pas l’actualiser. Même les œuvres d’Art (muséal) qui incluent le cinéma, quoiqu’elles puissent en modifier ou en déplacer considérablement les paramètres, ne le rendent pas interactif.
Il s’agira donc de se demander ce qui, dans le cinéma, résiste à l’interactivité; l’hypothèse sera que c’est moins ses données sensorielles (le mouvement, l’image-son, le montage) que son lien essentiel avec une forme de pensée, qu’il mime : le cinéma ne communique pas, (parce qu’)il pense. Il peut tout au plus feindre l’interactivité, mais toujours en se désignant lui-même, en devenant métacinéma.


Publications récentes:

1 Moderne ?, Cahiers du cinéma, 2007.

2 Le cinéma et la mise en scène, Armand Colin, 2006.

3 Matière d’images, 2005 ; 2ème édition augmentée, Images Modernes, 2009.

4 Ingmar Bergman. « Mes films sont l’explication de mes images », Cahiers du cinéma, 2003.

5 Avec Michel Marie, Dictionnaire critique et théorique du cinéma (2001) ; 2ème édition augmentée, Armand Colin, 2008.

6 L’Œil interminable (1989, 1995) ; 3ème édition augmentée, Séguier, 2007.

7 Montage Eisenstein (1979) 2ème édition augmentée, Albatros, 2005.


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