Jean-Claude Bustros

Un cinéma déployé

Si le terrain est fertile, aujourd’hui, pour assister à l’émergence d’une nouvelle forme de cinéma, c’est que le spectateur contemporain lui-même est en pleine mutation, en pleine ouverture. Et c’est véritablement sur ce pôle, celui du point de vue spectatoriel, que se concentre notre attention. Déjà, la tradition d’un cinéma élargi (expanded cinema) s’intéressait particulièrement au versant de la projection de l’image en mouvement, avec il est vrai le désir de renverser le système du cinéma standard.

Or il est aisé d’observer que la technologie investie aujourd’hui dans le cinéma se retrouve principalement dans la production, la formation de l’image (modélisation 3D, supports d’enregistrement, traitement en postproduction…). Au sein de l’initiative de recherche « Schéma » mise en place à Hexagram en 2006, nous avons pour avis que l’intérêt véritable d’un cinéma renouvelé est dans l’investigation des potentialités que les sciences cybernétiques et les nouvelles technologies sont susceptibles d’offrir à la présentation, à l’exposition de l’image, de l’autre bout de la chaîne.

On travaille alors le modèle d’un cinéma qui à son tour soit possiblement omniprésent, adaptable à tout environnement dans un rapport d’échange (l’écran bidimensionnel marquant et marqué par le volume de son milieu immédiat) ; participant de façon critique d’un devenir-image du réel; et qui interpelle le sujet spectatoriel à la manière d’un objet manipulable. C’est-à-dire un cinéma ouvert tant au lieu qu’à celui qui le traverse.


Publications récentes:

1 En collaboration avec A. Aurtenèche, «L’écran manifeste», in Prolifération des écrans, sous la dir. de Louise Poissant et Pierre Tremblay, Presses de l’Université du Québec, 2008.


<< Liste